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Pune & Mumbaï: Les dernières étapes d’un long voyage

C’est reparti pour une trentaine d’heures de trajet! Notre destination est Pune (prononcer Puné) une ville industrielle, pas vraiment touristique, dans laquelle vivent deux de mes ex-collègues : Souvik et Dirahj.

Nous quittons Udaipur vers 17h pour arriver à Ahmedabad 11h plus tard, à 4h du matin. Nous passerons une bonne partie de la nuit dans la salle d’attente de la gare, qui fait aussi dortoir !

Nous quittons Ahmedabad au petit matin et montons dans le train pour Bombay. Encore 9h de patience dans la chaleur de la journée et la cohue des trains indiens. A l’arrivée, nous sommes heureux de retrouver Souvik qui est venu nous chercher jusqu’à Bombay. Nous prenons avec lui le train pour Pune, situé à “seulement” 3-4h heures de train. Nous en profitons pour discuter avec Souvik. Géraldine le connait aussi car il est venu plusieurs mois en France l’année dernière pour une formation. Arrivés à Pune, un taxi nous attend et nous roulons une bonne heure pour arriver chez Souvik (les villes indiennes sont définitivement trèèèèès étendues!)

Souvik achète un repas à emporter car il n’a visiblement pas l’habitude de cuisiner lui-même (une employée vient chez lui tous les jours pour faire le ménage et préparer à manger). Etant originaire de Calcutta, il a quitté sa famille pour venir travailler ici et vit seul à Pune. Cela nous parait anodin, mais en Inde les gens vivent généralement en famille, les différentes générations habitant sous le même toit et prenant soin les unes des autres: Les parents ou grands-parents s’occupent des enfants puis une fois qu’ils ont grandi ces mêmes enfants s’occupent de leurs parents vieillissants. Ici, pas besoin de crèches ni de maisons de retraite!

Nous ne traînons pas à nous coucher car nous sommes épuisés après ces longues heures de transport, et demain Souvik nous a concocté un programme chargé!

Mardi 21 mai, nous rendons visite à Dirajh un autre ancien collègue.

Il vit également à Pune, mais avec toute sa famille. Nous avons l’honneur de rencontrer ses parents, son oncle et sa cousine. Nous sommes reçu comme des rois, et nous sommes presque gênés devant tant de générosité. Nous dégustons plein de bonnes choses pour le petit déjeuner.

Dirajh nous fait une démo de tablas (percussions indiennes) et sa cousine s’exerce au héné sur le bras de Géraldine.

Nous passons vraiment un moment agréable, et nous immortalisons cette instant par une photo avec toute la famille

Nous repartons les bras chargés de cadeaux (des épices et des mangues). Souvik a réservé les services d’un chauffeur pour la journée pour nous faire visiter les environs. Quel bonheur de se laisser guider! Nous commençons par la visite d’un temple Jaïn (plus d’info sur le jaïnisme)

Puis nous visitons un temple Krishnaga, un mouvement hindouiste qui s’apparente selon notre avis personnel plutôt à une secte. Le mouvement semble avoir beaucoup de moyens car le temple que nous visitons est flambant neuf. Un des dévots nous fait la visite en nous expliquant l’histoire de sa religion à l’aide de peintures qui décorent tous les murs du temple.

A l’intérieur des gens sont couchés face contre terre et récitent des “Hare krishna” (prières). A l’heure où nous arrivons (en début d’après midi) les dieux se reposent (si si!) et nous patientons jusqu’à 16h30. A cette heure, un des moines réveille les dieux en soufflant dans une conche. Des portes sont ouvertes sur des statues richement ornées (la représentation des dieux)

Nous reprenons la route pour visiter un autre temple, entouré d’un parc. Les routes indiennes sont toujours pleines de surprise comme par exemple ce camion, réduit au strict minimum!

Heureusement sur le tableau de bord de notre taxi trône Ganesh, le dieu à la tête d’éléphant qui nous permettra d’éviter tous les obstacles sur notre chemin.

Nous irons visiter un dernier temple hindou à la tombée de la nuit. Il est très richement décoré et bien mis en valeur par des éclairages, malheureusement les photos sont interdites.

Nous finissons la journée par un repas au restaurant. Nous mangeons des thalis (assortiment de plats servis dans un plateau) et les serveurs nous resservent à volonté. Autant dire que nous sortons repus!

Le lendemain nous quittons Pune en bus car les trains sont complets. Nous faisons nos adieux à Souvik qui nous accompagne jusqu’au terminal de bus. Nous arrivons à Mumbai (Bombay) à 14h30, la dernière étape de notre périple en Inde mais aussi de notre voyage (snif!). Nous rejoignons l’hôtel que nous avons réservé à l’avance car il n’est pas facile de trouver d’hébergement bon marché à Bombay. Nous profitons de la fraîcheur de la fin de journée pour sortir acheter quelques souvenirs (il est grand temps) et je fais le tour des tailleurs pour essayer de me faire faire un costume sur mesure. Nous passons par le Taj Mahal hotel, l’hôtel le plus prestigieux de l’Inde, et par la “Gateway of India”, sorte d’arc de triomphe, construite en 1914.

Jeudi 23 mai, après une nuit étouffante et rythmée par le brouhaha permanent du ventilateur, nous craquons et allons payer le supplément exorbitant (8€/nuit) qui nous permet d’activer la climatisation dans notre chambre. Nous n’avons quasiment jamais eu la clim depuis le début de notre voyage, mais ici en bord de mer l’humidité est élevée et la chaleur difficilement supportable.

Nous prenons un taxi pour nous rendre à 11h30 précise à Churchgate station pour observer un curieux manège : le ballet des dabbawallahs. Littéralement, ce sont des livreurs de gamelles. Leur rôle a pour origine un fait social persistant et lié au castes : Pour de nombreux indiens, il est interdit d’ingérer de la nourriture préparée n’importe comment et par n’importe qui. Les épouses préparent donc le précieux repas à la maison puis il passe de main en main via le puissant réseau des dabbawallahs pour arriver jusqu’au lieu de travail du mari pour l’heure du repas. Plus de 200 000 gamelles sont livrées chaque jour par ce système!

Arrivés en train à la Churchgate station, les paniers repas sont ensuite triés à même le trottoir puis redirigés vers d’autre dabbawallahs pour continuer leur chemin à pied, en charrette ou en vélo.

L’après midi je visite la ville à pied tandis que Géraldine reste se reposer à l’hôtel. L’influence de la colonie anglaise est très forte et la ville est magnifique. Beaucoup de rues sont pavées, il y a plein de petits parcs pour apporter un peu de verdure dans la ville et surtout des bâtiments somptueux, comme par exemple la gare Victoria station.

Les taxis contribuent aussi à l’atmosphère british. Ce sont des toutes petites Fiat (Padmini pour les connaisseur) noires et jaunes qui bourdonnent comme des abeilles dans toute la ville (car les rickshaws sont interdits à Bombay)

Je fini par l’école d’art et le Crawford market. J’achète quelques épices pour ramener en France et je fais aiguiser mon opinel, qui ma fidèlement suivi tout autour du monde et qui me sera lâchement confisqué quelques jours plus tard à l’embarquement de l’Eurostar (Grrrrrrhh!!!).

Le lendemain Géraldine se joint à moi pour la promenade matinale. Nous parcourons Colaba causeway à la recherche des derniers cadeaux à ramener en France. Je passe faire un essayage chez “Karl Lagerfeld”, mon tailleur ayant une troublante ressemblance avec le célèbre couturier. Nous testons pour la première (et dernière) fois le MacDo en Inde. Ici pas de Bigmac biensûr car aucun sandwich à base de bœuf n’est servi (Je rappelle pour ceux qui ne suivent pas que les vaches sont sacrées en Inde, et même plus respectées que les êtres humains). Le burger végétarien est pas mal…

Pour la fin d’après midi, nous allons à la plage de Bombay: Chowpatty beach. Le coin est agréable mais la baignade pas vraiment recommandée étant donné la propreté de l’eau 😉

Vous remarquerez que ici on ne se met pas en maillot de bain, même à la plage.

Après une balade dans un parc surplombant la ville, nous rentrons à l’hôtel pour passer ce que nous pensions être notre dernière nuit en Inde.

Samedi 25 mai c’est le grand retour. Notre réveil sonne de bonne heure pour nous laisser le temps de boucler nos sacs à dos une dernière fois, ce qui n’est pas une mince affaire avec tout ce que nous avons acheté avant de rentrer. Nous arrivons à l’aéroport à 10h et là on nous annonce que notre avion pour Londres est reporté…au lendemain! Sacré retard! Nous sommes tristes de ne pas retrouver nos amis anglais dès ce soir mais pour compenser, nous sommes pris en charge intégralement et logés au Mumbai Grand Hyatt Hotel, s’il vous plait! Bien que nous ne nous sentions pas vraiment à notre place ici en chaussures de rando et avec nos sacs à dos, nous profitons bien de l’hôtel : Piscine, buffet à volonté, écran plat dans les chambres. Sommes-nous vraiment encore en Inde ici ?

Après une courte nuit (dommage de devoir se lever à 3h du mat’ quand on dort dans le lit d’un hôtel 5 étoiles!), nous sommes conduits à l’aéroport. Nous embarquons dans l’avion pour 9h de vol, qui ne seront qu’une formalité après les dizaines de milliers de kilomètres que l’on a déjà parcourus. Cette fois, c’est vraiment la fin…

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Une nuit dans le désert

Lundi 13 mai 2013, 21h15: Une demi-heure avant le départ, nous nous rendons au quai indiqué sur les panneaux d’affichage de la gare. Notre train est déjà là et nous y montons, contents de pouvoir nous installer le plus vite possible dans nos couchettes. D’ailleurs le train part avec un quart d’heure d’avance, pour une fois nous serons peut-être à l’heure à l’arrivée! Mais les choses se gâtent… Il y a déjà quelqu’un à ma place. Après vérification de son billet, il ne fraude pas: nous avons bien tout les deux les mêmes numéros de place! Hum, étrange… l’homme nous annonce alors que nous ne sommes pas dans le bon train et nous mettons quelques minutes à comprendre qu’il a raison!! On comprend mieux alors le départ anticipé. Dans notre détresse et parmi la foule d’indiens nous apercevons un autre couple de touristes en pourparler avec un contrôleur. Il s’avère que (outre le fait qu’ils soient français), ils sont exactement dans la même situation que nous. Mais pas d’inquiétude, 5 minutes plus tard, le train fait demi-tour et retourne à la gare de départ. Est-ce suite à leur demande ou s’agissait-il d’un manœuvre planifiée…nous ne le saurons jamais, mais nous sommes bien contents de pouvoir redescendre et attraper le bon train cette fois.

La suite du voyage se déroule sans encombre et nous arrivons de bon matin à Jaisalmer. Encore tout endormis, nous suivons un chauffeur/rabatteur qui nous emmène dans son hôtel, et pas celui qu’on lui avait demandé. On commence à être rodé à ce petit jeux 😉 Après une longue hésitation, nous décidons de ne pas séjourner dans son hôtel et nous arrivons à nous éclipser après un long baratin (ça nous aura quand même fait économiser une course de taxi!) Nous n’aurons pas trop de mal à trouver un autre hôtel en plein cœur de la forteresse car la ville est désertée des touristes à cette saison. Il faut dire qu’il fait un bon 45°C au plus chaud de la journée, ce qui n’est pas très propice à la balade.

Pourtant la ville est magnifique, posée en plein milieu du désert et surplombée par sa forteresse qui ressemble à un château de sable géant. On la surnomme la ville jaune.

On y trouve des havelis, des demeures somptueuses construites par de riches marchands.

Certaines se visitent comme de véritables musées.

Nous passons une bonne partie de la journée à déambuler dans les petites ruelles et à se perdre dans la ville. C’est très vivant et pittoresque.

Le lendemain nous partons en expédition dans le désert, pour y passer une nuit à la belle étoile. Le propriétaire de l’hôtel qui nous à organisé le tour, nous confie à un chauffeur, qui lui même va nous confié à son frère qui nous conduit jusqu’à Barna. Après une bonne heure de Jeep nous arrivons dans ce petit village, dans lequel la civilisation semble bien éloignée. Pas de rue, pas de route, pas d’eau courante, les bâtiments sont fait de torchis.

Nous sommes alors confiés au chamelier qui, après avoir sellé les dromadaires nous laisse partir avec deux jeunes du village en promettant de nous rejoindre plus tard (on l’attend toujours!) Le démarrage est fort en sensation, surtout le moment où le dromadaire se lève! Après ce petit rodéo nous nous laissons bercer par le balancement régulier de l’animal.

Nous apprécions les paysages du désert et observons les animaux qui vivent dans cet environement très aride.

Après deux heures de balade nous nous dirigeons vers une zone de dune (un erg, pour les connaisseurs ou les cruciverbistes 😉 ). C’est là que nous allons manger et passer la nuit. Nous ne sommes pas fâché de nous arrêter car on ne peut pas dire que le dromadaire soit le moyen de transport le plus confortable qu’on ait pris depuis le début du voyage.

Visiblement nous ne sommes pas les seuls à être fatigués puisque Kaloo et Papaya, nos deux montures, ont l’air épuisées aussi!

Seuls nos deux jeunes guides sont pleins ressources et s’en vont parcourir le desert à la recherche de bois mort pour faire le feu. Ils nous préparent ensuite des pakoras et un dhal bat avec les moyens du bord (la vaisselle est nettoyée au sable…original mais assez efficace).

Nous profitons du coucher de soleil, seuls, en plein milieu du désert…un moment magique!

Enfin, “seuls” pas vraiment puisque nous sommes envahis par des dizaines de scarabées qui courent partout sur le sable et qui se font une joie de venir nous grimper dessus.

Nous nous couchons dans un silence absolu, avec un panorama merveilleux sur le ciel étoilé…seul l’odeur laisse un peu à désirer car notre lit est fait avec les couvertures qui servent à positionner la selle sur le dos du dromadaire. Nous ne sommes pas mécontent d’avoir pris nos propres sacs de couchage 😉

Nous sommes réveillés de bonne heure car le soleil se lève tôt. Nos deux guides s’empressent de rallumer un feu pour préparer le chai (thé indien).

Après le petit déjeuner nous nous baladons à pied dans les dunes puis remontons sur les dromadaires pour prendre le chemin du retour vers le village.

Après avoir récompensé nos “chameliers juniors” pour leur professionnalisme, nous visitons le village dans lequel la vie semble s’écouler lennnnnntement, rythme imposé par la chaleur assommante qui règne dans le désert. Notre jeep est au rendez-vous et nous retournons à Jaisalmer, pas mécontent de pouvoir prendre une douche rafraîchissante.

Nous quittons la ville par le train de 23h30, ce qui nous laisse le temps de se balader encore une fois dans le dédale de ruelle de la forteresse, et d’apprécier la vue depuis les remparts.

Le gérant de notre hôtel est sympa puisqu’il nous laisse profiter de notre chambre gratuitement jusqu’au soir. Cela nous permet de bien nous reposer après cette nuit à la belle étoile, d’autant plus que l’étape qui nous attend va être longue: Après une nuit dans le train nous arrivons à Jodhpur au petit matin, et nous avons tout juste le temps de sauter dans le bus qui nous conduit à Udaipur, où nous arriverons dans l’après-midi, 7h de route plus tard…

A la tombée de la nuit, je m’offre une petit promenade au bord du lac, tandis que Géraldine reste à l’hôtel pour se reposer. Le quartier qui borde le lac est vraiment joli, et je comprend pourquoi Udaipur est aussi appelée la petite Venise indienne.

Le lendemain, je me balade du coté du City palace, l’ancien “QG” des Maharajas! Si l’extérieur est grandiose, l’intérieur me passionne moins (on peut y voir la chambre du maharaja, les peintures du maharaja… les toilettes du maharaja…)

En me baladant sur les quais, je discute avec un musicien qui est posé là, avec toute sa famille. Il essaye de me vendre son instrument, confectionné par ses soins, mais je m’en sort en expliquant que je n’ai pas assez de place dans mes bagages!

En marchant dans les jardins du palace je me demande quels sont les fruits bruns qui jonchent le sol; j’ai ma réponse en levant la tête!

Ce ne sont pas des fruits mais des crottes de chauve-souris !! Et quelles chauve-souris ! Je n’en ai jamais vu des si grosses, elle font la taille d’un poulet ! (d’ailleurs ici, en anglais, on les appelle “vampire” et non “bat”)

Je ne m’éternise pas trop dans le coin!

Au coucher du soleil, je me pose aux lavandières (les quais utilisés pour faire la lessive) pour observer le spectacle incessant de la vie indienne. Je contemple, au milieu du lac Pichola, le Lake palace, un des symbole de la ville. Construit par un maharaja, il a aujourd’hui été transformé en hôtel de luxe.

Dimanche 19 mai 2013, c’est notre dernier jour à Udaipur et nous décidons de tenter un nouvelle fois des cours de cuisine après un échec cuisant, c’est le cas de le dire, à Jodhpur. Pour cette nouvelle tentative, nous nous rendons dans notre resto favoris. Nous y avons rendez-vous avec un des cuistots, qui nous apprend à faire du riz biryani, des naans, des malai kofta, des aloo jeera et du sahi paneer. Notre professeur est très intéressant et le résultat ravi nos papilles. Nous espérons pouvoir refaire ça une fois rentrés en France.

Nous quittons Udaipur dans l’après midi et c’est reparti pour plusieurs dizaines d’heures de train.

Pushkar, la blanche et Jodhpur, la bleue

Dans le train pour Pushkar, nous apprécions une nouvelle fois la convivialité et l’hospitalité de certains indiens. Un homme, qui parle un bon anglais, discute avec nous pendant une bonne partie du trajet. Il travaille à l’Indian Railways (l’équivalent de la SNCF en Inde) et appartient à une classe plutôt aisée vu le nombre de maisons qu’il possède. Arrivés à Ajmer, il nous aide à trouver un bus vers Pushkar ce qui nous permet de payer seulement quelques roupies, au lieu du prix “touriste”. Nous attendons le bus presque une heure mais notre compagnon de train reste avec nous pour être sûr que nous montions dans le bon véhicule. Son aide ne sera d’ailleurs pas négligeable quand le bus arrive enfin et qu’une cohue d’une vingtaine de personnes se précipite à ses portes… Notre ami indien passe nos sacs par la fenêtre à des passagers du bus pendant que nous essayons de jouer des coudes pour monter. Le trajet est rapide et nous arrivons enfin à Pushkar, une mignonne petite ville toute blanche, lovée autour d’un lac et dominée par des collines.

En plus d’être un haut-lieu de la religion hindou, Pushkar est célèbre pour sa fameuse foire aux chameaux qui a lieu tous les ans en novembre, et qui est considérée comme la plus grande du pays. Même si nous ne sommes pas à la bonne période, on croise des chameaux à chaque coin de rue.

Après la sieste réglementaire pour éviter les grandes chaleurs, je pars explorer les environs. Je grimpe au Savitri, un temple perché sur une colline au sud-ouest de la ville. Pendant la grimpette d’une bonne quarantaine de minutes je croise plein de singes qui me font presque rebrousser chemin. Ils sont installés en travers du passage par dizaines, et ceux qui ont des enfants sont très agressifs pour protéger leurs progénitures.

Arrivé en haut le panorama est à couper le souffle. On distingue bien le lac carré entouré de la ville, dont tous les bâtiments sont peints en blanc.

Et tout autour, le désert…

Le lendemain je me réveille avec une petite surprise. Je n’ai pas très bien dormi car j’avais comme des démangeaisons pendant la nuit. En me levant je comprend mieux pourquoi, je suis “mitraillé” de petits boutons rouge dans le dos, alignés par série de trois ou quatre. Puces, punaises de lit? Géraldine qui a dormi dans le même lit n’a rien! Par précaution, la propriétaire de l’hôtel nous propose de changer de chambre même si la propreté du lit n’avait rien de suspecte…

Tout en me grattant dans tout les sens, je pars me promener sur les berges du Lac avec Géraldine. A l’aurore, les Ghats (quais du lac) sont le théâtre de rituels religieux en tout genre : offrandes, ablutions, prières. On retrouve l’ambiance très spirituelle de Varanasi. En revanche, ici, les photos sont interdites ce qui n’est pas plus mal pour la tranquillité des pèlerins. Pour vous donner une idée, voici une représentation du lieu en peinture.

Nous profitons du reste de la journée pour nous promener dans la ville et apprécier les scènes de la vie quotidienne.

La journée du 11 mai est une journée de transit. Nous regagnons Ajmer en bus puis prenons le train pour Jodhpur. Nous y arrivons avec 2h30 de retard, c’est à dire vers minuit, ce qui ne nous réjouis pas trop car nous n’avons nul part où dormir! Nous repérons une adresse dans le routard et demandons à un chauffeur d’auto-rickshaw de nous y emmener. Il acquiesce mais nous emmène en réalité dans un autre hôtel (tenu par sa tante, comme par hasard) en prétextant que l’hôtel de notre guide est fermé…Le coup classique! Nous discutons longuement avant qu’il accepte de nous emmener à l’endroit convenu initialement. Bon…il se trouve que l’hôtel est réellement fermé, voir même abandonné 😦 Sachant qu’on est en pleine nuit, que les rues sont désertes et que tout est fermé on retourne finalement chez la tante du chauffeur qui s’avérera être plutôt sympathique.

Après une bonne nuit de repos, nous profitons de la terrasse pour prendre le petit déjeuner en admirant le fort de Mehrangarh.

Comme nous sommes les seuls clients de l’hôtel, le restaurant n’est pas ouvert mais la gérante nous propose de partager avec nous le repas qu’elle prépare pour sa famille, ce que nous acceptons volontiers. Nous l’aidons un peu pour la cuisine ce qui nous permet d’apprendre quelques techniques indiennes. La femme est jaïne ce qui lui interdit de consommer de la nourriture qui n’a pas été préparée le jour même. Tout est donc préparé en direct, sous nos yeux. Comme à chaque repas depuis que nous sommes en Inde, nous nous régalons.

Nous partons visiter la vieille ville dans l’après-midi.

En fin de journée, nous sommes interrompus par un orage accompagné d’une petite tempête qui soulève des nuages de poussière et rend les rues impraticables.

Le lendemain, forts de notre petite expérience en cuisine, nous décidons de prendre des vrais cours de cuisine indienne. Nous nous rendons au rendez-vous mais la prof de cuisine officielle n’est pas là et c’est sa sœur qui la remplace. Dans les cinq premières minutes nous comprenons que la femme n’a jamais donné de cours de cuisine, et même peut-être jamais cuisiné de sa vie !! C’est la cata et nous essayons de l’aider sans trop la vexer. Nous mangeons ensuite le biryani qu’elle a essayé de nous cuisiner mais les oignons sont brûlés, le riz n’est pas cuit et l’assaisonnement est à revoir. Nous fuyons dès qu’on peut…et passons manger au resto !

L’après-midi est plus intéressante, nous nous rendons au fort de Merhangarh, qui surplombe la ville.

La forteresse a été construite en 1459 par Rao Jodha, qui a donné son nom à la ville (Jodhpur). Nous prenons un audioguide pour profiter au maximum de la visite.

L’intérieur comme l’extérieur est finement décoré, de quoi héberger dignement les Maharajas qui vivaient ici jusqu’au début du XXème siècle.

Mais le clou du spectacle, c’est le panorama sur la ville bleue offert du haut des remparts. Je dirais même plus, la vue est canon 😉

Les couleurs ne sont pas sans rappeler les îles grecques.

Après les habituelles séances photos suite aux sollicitations des touristes indiens, nous redescendons à pied vers la ville. Nous traversons des rues pas très clean, mais où les vaches semblent se sentir à l’aise, même si la paille est remplacée par un tapis de déchets.

Nous passons une bonne partie de la soirée dans la gare car notre train ne part qu’a 23h45 et nous avons rendu notre chambre d’hôtel depuis midi, mais ce n’est pas un souci: dans les gares indiennes on ne s’ennuie jamais, observer le fourmillement incessant des passagers est une occupation à temps plein!

Agra et Jaipur: mode “tourisme intensif” activé

C’est l’heure des adieux avec Mich. Après un ptit déj’ sur le toit de l’Everest kitchen, nous prenons le train pour Agra, la ville du Taj Mahal. Il n’y a que 3h30 de trajet et nous arrivons en milieu d’aprem, sous une chaleur torride. Une fois à l’hôtel, nous croisons par le plus grand des hasards, Greg, un anglais qui était volontaire à la ferme Baluti en même temps que nous.

Nous déjeunons dans le patio de l’hôtel et laissons passer les grosses chaleurs en nous accordant une petite sieste. En fin d’après-midi nous allons visiter le mausolée d’Itimad-ud-Daulah, plus connu sous le nom de “baby Taj”.

Le mausolée fut construit à l’initiative de Nûr Jahân, pour son père Mirza Ghiyas Beg. Notre chauffeur de rickshaw nous emmène ensuite au jardin Mehtab Bagh, d’où l’on peut contempler le vrai Taj Mahal situé de l’autre coté de la rivière et éclairé par la lumière du soleil couchant.

Pour nous y rendre, nous traversons la “banlieue” d’Agra. Visiblement, tout le monde ne profite pas de la manne touristique que représente le Taj Mahal, et nous sommes étonnés de voir que la ville est très pauvre. Beaucoup de gens vivent dans des bidonvilles, sous des abris fabriqués avec des bâches et des sacs en plastique.

Nous nous réveillons aux aurores le lendemain matin pour aller visiter le Taj Mahal avant l’afflux touristique. Nous traversons des jardins magnifiques puis une immense porte avant d’apercevoir le mausolée.

Car il s’agit bien d’un mausolée, et oui, toute cette immense construction en marbre blanc n’a qu’un seul but : abriter la sépulture de la femme du Maharaja et bien sûr lui rendre hommage. Et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est réussi! La finesse des sculptures, la pureté du blanc et l’immensité de la construction ne laisse personne de marbre 😉

Il s’agit d’un bâtiment musulman, il est donc interdit d’y pénétrer en chaussure. Nous enfilons des petits chaussons en tissu et les gardiens n’en sont pas exempts.

Après cette visite nous comprenons mieux pourquoi le Taj Mahal est le monument le plus visité d’Inde.

Nous consacrons la deuxième partie de la journée à la visite du fort rouge, la deuxième attraction touristique majeur de la ville. Il s’agit du palais du Maharaja, construit dans le style moghol.

Pour la fin du voyage, notre planning est calibré au jour près car il nous reste assez peu de temps et encore plein de belles choses à voir avant de rentrer en France.

Nous quittons Agra dès le lendemain pour entrer dans le Rahjastan (région du Nord-Ouest de l’Inde). Arrivés en gare de Jaipur, nous marchons une bonne demi heure en plein cagnard pour trouver un hôtel. Géraldine nous fait une petite surchauffe (insolation) et nous passons l’après-midi à se reposer à l’hôtel. C’est d’autant plus agréable que nous avons atterri dans un hôtel de luxe ! Pour un budget légèrement au dessus de notre notre moyenne (10€ au lieu des 5€ habituels!) nous dormons dans une super chambre avec clim, télé et salle de bain propre! (Sunder Palace)

Le jour suivant je me rends dans le centre de la “ville rose” (bien mais pas top!)

Je visite le Jantar Mantar, un observatoire astronomique construit au XVIIème siècle. On y trouve de nombreux instruments qui permettent de suivre le mouvement des astres, de mesurer le temps…On comprend ici toute l’importance de l’astronomie dans la culture indienne. Il y a notamment un cadran solaire de 22 mètres de haut, qui donne l’heure avec une précision de 2 secondes!

Pour les non initiés, on se croirait plutôt dans une exposition d’art contemporain!

Géraldine se joint à moi dans l’après midi pour aller visiter le palais des vents. Cependant, notre tentative tourne à l’échec car il est en rénovation. Malgré tout la façade est impressionnante même à travers les échafaudages.

Notre chauffeur de rickshaw nous redirige vers le palais du lac.

Comme partout en Asie, les deux roues sont exploités au maximum. Nous dépassons une moto avec 5 passagers, mais cela ne bat pas le record dont nous avons été témoin au Laos: 7 personnes.

Nous nous rendons ensuite au Monkey Temple. Même si l’endroit est fameux pour le panorama qu’il offre sur la ville, ce qui nous a le plus surpris là-bas est la profusion d’animaux en tout genre : des singes bien sûr mais aussi veaux, vaches, cochons, et chèvres, nourris allègrement par les habitants du quartier. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils cohabitent dans un joyeux bazar, à l’image de ce singe qui s’offre un rodéo à dos de cochon !

Nous quittons Jaipur le 9 mai 2013.

Woofing in India

Notre train quitte Delhi à 22h. Nous arrivons avec un peu d’avance à la gare mais nous ne nous ennuyons pas car il y a toujours de l’animation dans les gares indiennes. J’observe les gamins des rues qui se faufilent sous les roues du train sans peur du danger, tout ca pour récupérer quelques bouteilles en plastique. Je me demande bien combien de roupies peuvent-ils tirer du sac de bouteilles vides quasiment aussi grand qu’eux, qu’ils traînent.

Des porteurs poussent des charrettes chargées de colis sur 2 mètres de hauteur. L’équilibre commence à devenir instable, les charretiers accélèrent le rythme pour arriver avant que tout ne s’écroule mais badaboum…Ils rigolent comme des enfants, rechargent leur charrette en hâte et repartent vers le wagon postal.

Enfin, notre train quitte la gare. La nuit est courte car nous arrivons à Haldwani à 4h30 du matin…

De là, il nous faut encore prendre un rickshaw, puis faire deux heures de bus dans un vieil autobus défoncé, qu’il faut pousser pour démarrer!
Nous arrivons à Kotabagh, mais ce n’est pas fini car la ferme est à 4km, que nous parcourons en taxi.

Samedi 27 avril 2013:

Nous découvrons enfin la ferme Baluti, où nous avons prévu de rester quelques jours en woofing (je ne vous explique plus le concept). Nous faisons la connaissance d’Arun, un ancien industriel indien qui c’est fait construire ce petit cottage au milieu de la montagne pour passer sa retraite tranquillement. Le dortoir est déjà bien plein car nous ne sommes pas les seuls volontaires, il y a déjà un hollandais, un autre français, un allemand et trois anglais. Arun nous installe donc dans le lobby, une petite annexe à 50 mètres de la maison.

Notre chambre ressemble à un bunker, et l’intérieur n’est pas plus attrayant, mais ce n’est pas grave, on a vu pire, et puis le cadre est merveilleux. La terrasse offre une vue panoramique sur les montagnes environnantes et sur la rivière asséchée au fond de la vallée.

C’est la saison sèche en ce moment et rien ne pousse, ce qui ne présage rien de bon en ce qui concerne le travail que l’on va avoir à effectuer. En effet, Robert, l’autre français qui est là depuis plusieurs jours nous confirme qu’il n’y a pas grand chose à faire. Ce n’est pas ici que nous allons apprendre beaucoup de choses sur la culture bio… Qu’à cela ne tienne, nous profitons de la première journée pour nous reposer car le trajet depuis Delhi a été fatiguant.

Dimanche 28 avril 2013:

Nous trouvons une activité pour occuper la matinée : nous construisons un escalier en pierre et en terre pour améliorer le chemin d’accès au lobby.

Nous arrêtons à midi car le soleil tape trop fort. Je plains les cantonniers indiens!

Le soir un des volontaires, élagueur de profession, sort son matériel pour faire du “tree-climbing” (dit en anglais, ça sonne tout de suite plus “sport extrême”)!

Lundi 29 avril 2013:

Je finis la construction des escaliers. Géraldine, elle, trouve un boulot au frais. Cela consiste à trier un sac de plusieurs kilos de lentilles, des cailloux qui y sont mélangés…de quoi l’occuper quelques jours! Elle prend en charge également l’arrosage des petits plans de concombres.

En fin d’après midi, à la fraîche, je pars à a découverte de Kotabagh, la ville la plus proche pour aller acheter des fruits. La marche de 45 minutes offre un panorama magnifique sur la vallée et la rivière.

La ville est toute petite et assez agréable. Un canal d’irrigation la traverse et les gens s’en servent comme salle de bain. Je rentre à la ferme avant la nuit, avec le plein de provisions.

Mardi 30 avril 2013:

Le réveil sonne à 4h du mat’. Nous avons réservé une jeep avec tous les autres woofers pour aller faire un safari au Corbett National Park, situé à une heure de route. Il parait qu’on peut y voir des tigres!

Nous rentrons dans la réserve. On voit des daims, des singes, des oiseaux et tout à coup, un éléphant ! La jeep s’arrête pour nous laisser le loisir d’observer le spécimen, avec de belles défenses.

Soudain, l’éléphant se retourne et commence à marcher dans notre direction. Le chauffeur saute dans la jeep et démarre en trombe pour fuir. Pas très rassurant !
Un peu plus loin nous croisons un autre éléphant un peu plus petit et sans défense, une femelle peut-être.

Malheureusement, les tigres que nous étions venus voir ne se sont pas montrés.

Mercredi 1 mai 2013:

Toujours pas de travail à faire aujourd’hui, et ça tombe plutôt bien vu que c’est la fête du travail en France. Je vais explorer les environs. J’atteins des petits villages de campagne où les gens ne semblent pas habitués à voir des étrangers. Il sont étonnés par ma taille et mes cheveux blonds (les indiens ont tous les cheveux foncés). Quasiment personne ne parle anglais ici dans la campagne, et moi je ne sais dire que bonjour en hindi! Du coup, la conversation et assez basique et se réduit à un échange de sourire.

La nature est luxuriante, même pendant la saison sèche. Je remarque partout sur mon chemin des bananiers et des manguiers…ce doit être le paradis des fruits pendant la mousson.

Il y a aussi beaucoup d’animaux sauvages, des singes et des oiseaux dont de magnifiques paons qui, hélas, ne se laissent pas facilement approcher.

Jeudi 2 mai 2013:

Nous quittons la ferme aujourd’hui car on ne peut pas dire qu’on s’épanouit vraiment au travail. Ce petit séjour fut malgré tout bien agréable: entre lecture, contemplation de la nature, sieste et jeux de carte, l’ambiance était plutôt calme et ça va être difficile de retourner dans l’agitation de Delhi.

Mais l’agitation commence même avant Delhi. Ne sachant pas notre date exacte de départ nous n’avons pas pris nos billets de train en avance. Il n’y a pas de guichet pour les touristes, nous devons donc déjà jouer des coudes et de la voix pour ne pas nous faire doubler par tout le monde.

Pour tuer le temps en attendant le train, nous testons une balance qui clignote comme un sapin de Noël: elle nous imprime un petit ticket avec notre poids (approximatif!) et une petite phrase sur notre journée, la version indienne de notre horoscope en quelque sorte.

Géraldine répond d’un signe de la main à un petit garçon qui lui fait coucou depuis un wagon…et là surprise… c’est tout le wagon qui lui répond à son tour! Trop drôle!

Nos billets sont sans place attitrée, ce qui promet une bataille sans merci et je n’exagère pas. Beaucoup de gens voyagent debout dans l’allée et certains vont même jusqu’à ce glisser dans les portes bagages situés au dessus des sièges. Heureusement pour nous, le train commence son voyage dans notre gare, on trouve donc des places sans difficultés, c’est parti pour 6h de voyage!

Khajuraho ou les origines du Kamasutra

A la gare de Varanasi, nous avons profité du guichet spécial étranger pour réserver nos billets jusqu’à Delhi, en incluant une étape à Khajuraho. Vraiment pratique ce guichet car cela évite une lutte sans merci dans les files d’attentes indiennes, qui n’ont de file que le nom ! C’est plutôt un attroupement et c’est celui qui crie le plus fort qui est servi en premier…je vous laisse imaginer ce que ça peut donner quand vous ne parlez pas l’hindi et que vous ne savez pas exactement quel train vous voulez.

Cette fois ci nous avons réservé une couchette en 3A (c’est à dire la classe la plus basse des classes climatisées) et là c’est le grand luxe par rapport à la classe sleeper que nous avons pris pour notre premier voyage: presque personne dans le wagon, des grands lits avec draps, couvertures, et oreiller! De quoi passer une nuit presque correcte.

Pendant le trajet, nous faisons connaissance avec Ben, un alaskain (i.e. habitant de l’Alaska). C’est là que j’apprend que l’Alaska est un état des Etats-Unis et non un pays, comme quoi on peut voyager autour du monde et être nul en géographie! On échange beaucoup sur nos pays d’origine et je suis étonné d’apprendre par exemple que là-bas, ce ne sont pas les habitants qui payent des impôts, mais l’état qui donne de l’argent aux habitants tous les ans (à croire qu’ils ne savent plus quoi faire de l’argent issu du pétrole!)

Mais revenons en Inde, et plus précisément à Khajuraho, petit village du Madhya Pradesh. Cette ville compte environ 10 000 habitants, à peine un hameau par rapport aux références indiennes! Pourtant elle est très prisée des touristes pour ses magnifiques temples (et aussi pour son calme, il faut bien l’avouer!)

Nous laissons passer les grosses chaleurs de l’après midi avant de partir à la découverte du “groupe ouest”. Il s’agit d’un ensemble de temples hindouistes construits aux alentour du Xème siècle.

La finesse de la sculpture et la profondeur du relief est incroyable.

Finalement le lieu a un petit air d’Angkor, en plus accessible (moins cher, moins de monde, possibilité de s’y balader à pied) même si les deux sites ne jouent pas vraiment dans la même cours…

Comme dans beaucoup d’endroits en Inde Géraldine est la star ! Poignée de main, photo avec elle… la curiosité des indiens est sans complexe et sans limite!

Khajuraho est mondialement connu pour ces sculptures érotiques. En effet, même si elle représente seulement une petit partie des frises, les scènes représentées sont vraiment osées (Je ne mets pas de photo pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes lecteurs 😉 ).

Le temple qui retiendra notre attention est le temple de Pratapeshvara, pas notable pour son architecture mais intéressant pour son évocation de la culture indienne. Il n’appartient pas vraiment à l’histoire de Khajuraho puisqu’il date du XIXème siècle. Les trois dômes évoquent les trois principales architectures et religions: hindoue à l’arrière, bouddhiste et musulmane devant.

L’unité dans la diversité: tout un symbole de l’Inde!

La journée du lendemain est consacrée à la visite du “groupe est”, un peu moins impressionnant.

Il s’agit de temple jaïns, une religion dont j’ignorais complètement l’existence avant d’arriver en Inde. Pourtant ce mouvement religieux, pratiqué par environ 4 millions d’indiens a de quoi surprendre. Non violent, les jaïns refusent les armes et ne consomment aucun animal. Ils sont respectés de tous les autres indiens et n’ont donc jamais été persécutés.

Le jaïnisme est régi par cinq règles: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériel, être chaste et ne pas manger la nuit (ceci afin de ne pas risquer de manger un insecte sans le voir!)

C’est pour respecter au pied de la lettre ces règles, et surtout la première, que l’on voit parfois des jaïns porter un masque en tissu devant la bouche. Cela pour éviter d’avaler une quelconque bestiole en respirant. De même, on peut les voir balayer les temples en permanence et même balayer devant eux dans la rue. Cela pour n’assassiner aucune fourmi ou autre bébête.

On retrouve en toute logique une interdiction à l’entrée de leur temples: interdiction de porter du cuir.

On trouve également quelques temples hindous assez semblables à ceux du “groupe ouest”.

Sur le chemin du retour, nous traversons à pied le vieux village de Khajuraho. Les scènes de la vie quotidiennes sont un spectacle en elles même, tant le mode de vie des habitants est éloignés du notre.

Les bouses de vaches sèchent au soleil avant d’être utilisées comme combustibles pour la cuisine.

Les paliers des maisons sont badigeonnés de bouse de vache pour repousser les moustiques.

Les temples sont partout, jusqu’en plein milieu de la campagne.

Le temple de Brahma est tagué de façon bien étrange…

On nous explique que les morceaux sont identifiés car le temple va être déplacé pierre par pierre vers le “groupe ouest” (plus fréquenté des visiteurs). On ne recule devant rien pour le bonheur des touristes ici!

Le lendemain nous faisons un passage au “State museum of tribal and folk arts”. C’est un petit musée qui vaut le détour. Il présente des sculptures et peintures tribales et primitives. Elles nous font beaucoup penser à l’art aborigène que nous avons pu contempler en Australie. Malheureusement les photos sont interdites.

On retourne se réfugier à l’hôtel pour l’après-midi. Il est construit autour d’un beau jardin qui apporte un peu de fraîcheur, ce qui n’est pas désagréable (il fait environ 40°C au plus chaud de la journée). Je m’exerce à la photographie animalière en observant un oiseau ramener des brindilles pour confectionner son nid.

Nous quittons Khajuraho le soir même par un train de nuit, direction Delhi.

Katmandou et sa vallée

Retour à la case départ ! Nous arrivons à Katmandou en fin d’après-midi et nous trouvons un nouvel hôtel car celui de la dernière fois ne nous a pas laissé de souvenir incroyable. Nous séjournons ce soir au HI Thamel hostel. Le prix est correct mais là non plus ce n’est pas parfait: Nous n’avons pas d’eau chaude. Nous en parlons à la reception qui bidouille les vannes du système de distribution d’eau, et nous nous retrouvons avec de l’eau brulante…mais plus d’eau froide ! Ah ca, pour avoir de l’eau chaude, on en a eu !

Nous profitons de la fin de journée pour nous balader en dehors de Thamel, le quartier touristique. Les rues sont toutes aussi bondées, mais par les locaux cette fois. Certains quartiers sont entièrement dédiés à l’artisanat et les rues sont bordées d’échoppes en tout genre. Frutz en profite pour assouvir sa passion pour les chapeaux traditionnels népalais et dégote quelques très beaux modèles.

On y trouve aussi des lentilles de toutes sortes…Je n’imaginais pas qu’il existait autant de variétés ! Mais ici, c’est l’ingrédient de base (à l’image de la pomme de terre au Pérou).

Catherine, elle, achète du sel de l’Himalaya.

Nous quittons notre hôtel dès le lendemain car nous passons la journée et la nuit à Bhaktapur, un ville historique située à seulement quelques kilomètres de Katmandou. Cette ancienne capitale est classée au patrimoine historique de l’UNESCO, elle est en effet très bien conservée. Nous visitons la ville de long en large.

Et l’oscar du meilleur rôle dans la catégorie “Touriste-ébahie-devant-la-beauté-d’un-monument” est décerné à Cat et Gé pour leur interprétation sur la place centrale de Bhaktapur…

L’atmosphère est très paisible car la ville est interdite aux voitures. Les chars de défilé eux ont une dérogation!

Vincent nous lâche en milieu de journée pour aller inaugurer la boite de Smecta et se reposer: Première tourista du groupe après 10 jours au Népal, on s’en sort plutôt pas mal!

Nous parcourons encore une fois les ruelles de la ville le lendemain matin aux aurores… que d’animation! Les enfants tirent à l’aide d’une corde des pièces de bois géantes, afin de construire un second char pour le nouvel an népalais qui a lieu dans quelques jours:

Nous reprenons la route en direction de Katmandou et nous arrêtons à Pashupatinath. Le site se trouve au bord de la rivière Bagmati, la plus sacrée des rivières au Népal. La rivière Bagmati se jetant dans le Gange a le même caractère sacré que celui-ci. Quelques vendeurs de pigments bordent le chemin d’accès, c’est l’occasion d’une belle photo.

On y croise aussi des sâdus, des hommes qui ont dédié leur vie à la religion. Ils ne possèdent plus rien et vivent d’offrandes en errant sur les routes sans domicile fixe.

Les berges de la rivière Bagmati constituent un endroit sacré pour l’incinération des hindouistes. Les terrasses appelées ghâts, sont destinées à la crémation. L’ambiance y est très particulière. La tristesse est assez peu présente ce qui est assez déroutant pour nous, occidentaux. Mais pour les hindous, mourir c’est se libérer de l’état où nous sommes actuellement pour passer à un état meilleur.

Les corps sont enveloppés dans un linceul orange puis brûlés. Les cendres sont ensuite confiées (et non jetées) à la rivière sacré, après que des opportunistes soient passés récupérer bijoux, dents en or et bois non brûlé.

Comme partout au Népal, des enfant des rues vivent de la récupération et du tri des déchets. Ici, ils espèrent surement que la rivière sacrée va leur charrier quelques trésors qui feront leur fortune.

Assez vite, le spectacle morbide des crémations nous met assez mal à l’aise et nous ne nous éternisons pas: Direction Bodnath. Nous atteignons le temple bouddhiste après 45 minutes de marche dans la banlieue de Katmandou. Son stûpa du XIVème siècle qui domine l’horizon est l’un des plus grands au monde, et il faut avouer que c’est impressionnant !

Nous faisons le tour du stûpa, sous la surveillance du Bouddha qui nous observe.

Dans une petite pièce au pied du stûpa, nous découvrons des rouleaux de prières énoooormes !

Nous rentrons à Katmandou pour nous reposer un peu à l’hôtel, car ce soir c’est “grosse soirée” ! C’est en effet la dernière soirée avec Catherine, Vincent et Romain, mais c’est également les 29 ans de Géraldine.

Nous faisons nos adieux à toute la bande le lendemain matin. Malgré que leur avion ne décolle qu’en début d’après-midi, ils quittent l’hôtel aux aurores car aujourd’hui toute la capitale est paralysée par une grève générale! Finalement, leur retour au bercail se déroulera sans encombre. Merci à eux pour ces 2 semaines géniales , et merci à Cat pour certaines de ses photos que j’ai utilisées sur ce blog.

Après un mois accompagné, nous nous retrouvons “tout seul les deux”. (Tiens, ça faisait longtemps que je n”avais pas parlé le franc-comtois!) Nous restons à Katmandou quelques jours pour nous reposer car la fatigue commence à s’accumuler après 9 mois de voyage. Nous en profitons pour aller visiter Durbar square, une place très célèbre de la capitale népalaise.

Comme à Baktapur, on y trouve une multitude de beaux bâtiments religieux. Tôt le matin, la ferveur religieuse y est très importante.

Avant de quitter le Népal, nous passons quelques jours tranquilles à Nagarkot pour profiter une dernière fois des montagnes. C’est l’endroit le plus haut de la vallée de Katmandou (2 200 m d’altitude) et le seul endroit de la vallée d’où l’on peut voir la chaîne de l’Everest. Seulement la météo en a décidé autrement, et le temps nuageux nous empêche de voir quoique ce soit. Le dernier jour, je me lève avant le lever du soleil et monte au temple Mahankal.

Le panorama est sympa mais je n’arrive pas à identifier l’Everest, qui est assez difficile à voir depuis ici.

Après quasiment 3 semaines, notre passage au Népal prend fin. Avant de rentrer en France, une dernier pays nous attend. Dernier mais pas des moindres, puisqu’il s’agit de l’Inde!