Khajuraho ou les origines du Kamasutra

A la gare de Varanasi, nous avons profité du guichet spécial étranger pour réserver nos billets jusqu’à Delhi, en incluant une étape à Khajuraho. Vraiment pratique ce guichet car cela évite une lutte sans merci dans les files d’attentes indiennes, qui n’ont de file que le nom ! C’est plutôt un attroupement et c’est celui qui crie le plus fort qui est servi en premier…je vous laisse imaginer ce que ça peut donner quand vous ne parlez pas l’hindi et que vous ne savez pas exactement quel train vous voulez.

Cette fois ci nous avons réservé une couchette en 3A (c’est à dire la classe la plus basse des classes climatisées) et là c’est le grand luxe par rapport à la classe sleeper que nous avons pris pour notre premier voyage: presque personne dans le wagon, des grands lits avec draps, couvertures, et oreiller! De quoi passer une nuit presque correcte.

Pendant le trajet, nous faisons connaissance avec Ben, un alaskain (i.e. habitant de l’Alaska). C’est là que j’apprend que l’Alaska est un état des Etats-Unis et non un pays, comme quoi on peut voyager autour du monde et être nul en géographie! On échange beaucoup sur nos pays d’origine et je suis étonné d’apprendre par exemple que là-bas, ce ne sont pas les habitants qui payent des impôts, mais l’état qui donne de l’argent aux habitants tous les ans (à croire qu’ils ne savent plus quoi faire de l’argent issu du pétrole!)

Mais revenons en Inde, et plus précisément à Khajuraho, petit village du Madhya Pradesh. Cette ville compte environ 10 000 habitants, à peine un hameau par rapport aux références indiennes! Pourtant elle est très prisée des touristes pour ses magnifiques temples (et aussi pour son calme, il faut bien l’avouer!)

Nous laissons passer les grosses chaleurs de l’après midi avant de partir à la découverte du “groupe ouest”. Il s’agit d’un ensemble de temples hindouistes construits aux alentour du Xème siècle.

La finesse de la sculpture et la profondeur du relief est incroyable.

Finalement le lieu a un petit air d’Angkor, en plus accessible (moins cher, moins de monde, possibilité de s’y balader à pied) même si les deux sites ne jouent pas vraiment dans la même cours…

Comme dans beaucoup d’endroits en Inde Géraldine est la star ! Poignée de main, photo avec elle… la curiosité des indiens est sans complexe et sans limite!

Khajuraho est mondialement connu pour ces sculptures érotiques. En effet, même si elle représente seulement une petit partie des frises, les scènes représentées sont vraiment osées (Je ne mets pas de photo pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes lecteurs 😉 ).

Le temple qui retiendra notre attention est le temple de Pratapeshvara, pas notable pour son architecture mais intéressant pour son évocation de la culture indienne. Il n’appartient pas vraiment à l’histoire de Khajuraho puisqu’il date du XIXème siècle. Les trois dômes évoquent les trois principales architectures et religions: hindoue à l’arrière, bouddhiste et musulmane devant.

L’unité dans la diversité: tout un symbole de l’Inde!

La journée du lendemain est consacrée à la visite du “groupe est”, un peu moins impressionnant.

Il s’agit de temple jaïns, une religion dont j’ignorais complètement l’existence avant d’arriver en Inde. Pourtant ce mouvement religieux, pratiqué par environ 4 millions d’indiens a de quoi surprendre. Non violent, les jaïns refusent les armes et ne consomment aucun animal. Ils sont respectés de tous les autres indiens et n’ont donc jamais été persécutés.

Le jaïnisme est régi par cinq règles: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériel, être chaste et ne pas manger la nuit (ceci afin de ne pas risquer de manger un insecte sans le voir!)

C’est pour respecter au pied de la lettre ces règles, et surtout la première, que l’on voit parfois des jaïns porter un masque en tissu devant la bouche. Cela pour éviter d’avaler une quelconque bestiole en respirant. De même, on peut les voir balayer les temples en permanence et même balayer devant eux dans la rue. Cela pour n’assassiner aucune fourmi ou autre bébête.

On retrouve en toute logique une interdiction à l’entrée de leur temples: interdiction de porter du cuir.

On trouve également quelques temples hindous assez semblables à ceux du “groupe ouest”.

Sur le chemin du retour, nous traversons à pied le vieux village de Khajuraho. Les scènes de la vie quotidiennes sont un spectacle en elles même, tant le mode de vie des habitants est éloignés du notre.

Les bouses de vaches sèchent au soleil avant d’être utilisées comme combustibles pour la cuisine.

Les paliers des maisons sont badigeonnés de bouse de vache pour repousser les moustiques.

Les temples sont partout, jusqu’en plein milieu de la campagne.

Le temple de Brahma est tagué de façon bien étrange…

On nous explique que les morceaux sont identifiés car le temple va être déplacé pierre par pierre vers le “groupe ouest” (plus fréquenté des visiteurs). On ne recule devant rien pour le bonheur des touristes ici!

Le lendemain nous faisons un passage au “State museum of tribal and folk arts”. C’est un petit musée qui vaut le détour. Il présente des sculptures et peintures tribales et primitives. Elles nous font beaucoup penser à l’art aborigène que nous avons pu contempler en Australie. Malheureusement les photos sont interdites.

On retourne se réfugier à l’hôtel pour l’après-midi. Il est construit autour d’un beau jardin qui apporte un peu de fraîcheur, ce qui n’est pas désagréable (il fait environ 40°C au plus chaud de la journée). Je m’exerce à la photographie animalière en observant un oiseau ramener des brindilles pour confectionner son nid.

Nous quittons Khajuraho le soir même par un train de nuit, direction Delhi.

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Varanasi: Incredible India!

Bien qu’ayant traversés la frontière indienne depuis une petite semaine, c’est véritablement à la gare de Siliguri que nous rencontrons l’Inde pour la première fois. La température est montée significativement par rapport aux montagnes de Darjeeling. De nombreuses personnes sont assises ou allongées à même le sol dans le hall. Difficile de savoir si elles “vivent” ici ou si elles attendent leurs trains. Des mendiants (hommes, femmes, enfants) nous sollicitent, tout comme des vendeurs ambulants qui proposent de cirer nos chaussures ou de réparer nos fermetures éclairs.

Comme nous avons trois heures d’attente avant de monter à bord de notre train de nuit, nous optons pour un petit restaurant (on choisit celui où il semble y avoir le plus de monde). Nous ne prenons pas trop de risques en commandant des aloo jeera accompagné de nans, c’est à dire des pomme de terre cuisinées au cumin, avec des petites galettes, le plus souvent cuites dans un four spécial appelé “tandoor”. On goûte aussi un curry pomme de terre tomate, pas mal du tout.

L’heure approchant, nous nous dirigeons vers notre quai, dont le numéro change toutes les dix minutes. Entre temps, deux gamins des rues d’une dizaine d’années à peine se menacent armés chacun d’une lame de rasoir, peut-être pour une simple bouteille en plastique ramassée sur le “territoire” de l’autre. La victime tente en vain de faire arbitrer le conflit par les adultes présents qui demeurent indifférents. J’ai le cœur serré (c’est pas en plus comme si je travaillais dans la protection de l’enfance!), mais qu’est ce que je pourrais bien faire…

Notre train arrive finalement avec 1h30 de retard. Du coup, c’est un peu la panique, tout le monde court dans tous les sens. Un vendeur de plateau-repas nous conduit aimablement à notre wagon, en insistant tout de même un peu trop pour qu’on achète notre repas, mais comme on sort tout juste du restaurant, c’est non!

Etant donné que c’est une première, l’organisation des trains indiens demeurent une énigme à nos yeux, tout comme les différentes catégories de “confort”. Nous comprendrons plus tard que nous avons voyagé dans la classe la plus populaire.

Il existe une classe encore moins cher, mais il n’y a de réservation, autant dire que c’est l’émeute (et le mot n’est pas exagéré, certains en viennent aux mains) au moment de s’installer.

C’est donc non sans émotion que nous prenons place dans notre wagon. La première impression est plutôt du genre oppressante: pas de lumière, de minuscules fenêtres avec barreaux, des colis entravent le passage, le wagon est surchargé, des visages qu’on distingue à peine dans l’obscurité nous observent sans relâche, ça sent le renfermé… On se demande un instant ce qu’on fait là.

Puis, les lumières s’allument, les ventilos ventilent, la curiosité de nos voisins s’estompe, et enfin on commence à se détendre.

Viennent ensuite les interrogations pratiques: il y a 6 personnes sur un siège qui compte trois places ?!? Sans chercher plus à comprendre, sur les conseils aguerris d’autres voyageurs, nous demandons aux gens de se déplacer pour pouvoir installer nos couchettes vers 22h (le dossier du siège constituant le lit du milieu) et nous nous laissons bercer par le train.

Au milieu de la nuit, je me réveille face à un policier qui tient un pistolet d’1m50 de long, dont les seuls mots seront:”Keep your bag closer” (garde ton sac plus près de toi). En fait, je ne vois pas comment je pourrais faire mieux avec mon sac, mais je réponds “yes” afin de ne contrarier personne, et je tente de me rendormir. Les vols de sac sont apparemment très fréquents sur cette ligne de train, nous partageons donc notre couchette avec nos bagages, ce qui pour Pierre est un véritable défi Tetris, étant donné la taille standard de la couchette.

Nous arrivons de bonne heure à la gare de Mugal Saraï qui se situe à une dizaine de kilomètres de la gare de Varanasi. Nous empruntons un rickshaw (petit taxi à 3 roues) pour nous y rendre. C’est la foire d’empoigne entre les chauffeurs pour savoir qui va assurer la course. Nous optons pour un rickshaw (très) collectif, c’est à dire huit personnes pour quatre vraies places, plus deux à côté du chauffeur. Le terme promiscuité prend alors toute sa dimension. Heureusement, nos bagages font le trajet sur le toit.

Notre routard nous indique la présence d’un guichet touristique où l’on peut aisément acheter nos billets. Sachant combien il est compliqué d’obtenir des billets de train (longue file, anglais parfois limité, et surtout, des indiens par dizaines qui “doublent”…) nous saisissons cette occasion pour boucler nos trajets jusqu’à Delhi.

Nos billets de train en poche, notre prochaine mission consiste à reprendre un rickshaw, afin de nous rendre dans le quartier de notre hôtel, les difficultés étant multiples: ne pas payer quatre fois le montant réel de la course, ne pas se faire emmener dans l’hôtel proposé par le chauffeur où il touchera sa commission, etc.

En restant ferme, nous réussissons à nous faire déposer là où nous le souhaitons. Nous continuons à pied car le centre ville est constitué de toutes petites ruelles entremêlées, où les vaches, animal sacré par excellence, sont omniprésentes.

Alors, on aime ou on aime pas, la chaleur, l’animation, la promiscuité, les vendeurs ambulants, les rabatteurs, l’ambiance colorée, les odeurs d’encens, d’épices et de vaches… . Nous en tout cas, on est conquis, nous n’imaginions pas l’Inde autrement.

Varanasi est le plus grand lieu saint de l’hindouisme, comme Lourdes pour les catholiques, ou La Mecque pour les musulmans. C’est pour les croyants le point de rencontre du monde physique et du monde spirituel. Dans les faits, il y a peu de choses à visiter en tant que telles (temples, mausolées, forteresses ou palais…) mais l’ambiance y est incomparable et l’animation est à chaque coin de rue.

Varanasi est traversée par le plus sacré des fleuves en Inde: le Gange. Chaque année entre trois et quatre millions de pèlerins viennent y effectuer leurs ablutions rituelles, l’eau du fleuve étant sensée laver de tous les péchés accumulés au cours des vies passées (le pluriel est de mise!).

La ferveur religieuse est donc très marquée. Dès le lever du soleil de nombreux hindous se baignent dans le Gange, le rituel veut qu’on s’immerge trois fois avant tout autre chose. Certains ensuite se savonnent, tandis que les enfants jouent dans l’eau. Les ghâts (quais qui longent le fleuve) sont alors très fréquentés, et se colorent, notamment grâce aux élégants saris dont sont vêtues les femmes.

Je suis assez impressionnée par la tolérance des hindous qui semblent ignorer le flot de touristes qui débarquent en bateau à moins d’un mètre d’eux et qui les mitraillent sans relâche avec leur appareils photos, caméras, tablettes tactiles et autres gadgets électroniques.

D’ailleurs dans la plupart des autres villes, les photos des bains rituels sont interdites. C’est pas plus mal, question de respect.

Nous nous interrogeons sur l’état sanitaire du Gange, étant donné les déchets qui flottent à quelques mètres. D’autant plus qu’après les crémations (parfois incomplètes) les cendres sont “offertes” au Gange, les buffles s’y baignent, et les égouts semblent s’y déverser… Quand on pense que certains en boivent et que les tous jeunes enfants y sont baignés …

Il est à peine 6h du matin, mais il y a affluence autour du temple et les offrandes se multiplient.

Varanasi, en tant que lieu sacré pour les hindous, est aussi la ville où l’on vient pour mourir. La croyance veut que tout hindou qui décède à Varanasi a l’assurance de voir son âme monter au ciel, et évite ainsi le cycle sans fin des renaissances.
Ce désir de mourir auprès du Gange a poussé de nombreux maharajas à construire des palais tout proches du fleuve. Ils sont aujourd’hui laissés à l’abandon.

Les nombreuses crémations ont lieu à ciel ouvert, comme à Pashupatinath au Népal, c’est un acte très ritualisé. Plus la personne que l’on incinère est pauvre, plus son corps se trouve proche de l’eau. Le corps est enveloppé dans un drap orange. C’est le fils aîné qui allume le bûcher après que le corps ait été plongé dans le Gange. Pour l’occasion il a les cheveux rasés à l’exception d’une petite mèche à l’arrière de la tête.

Heureusement, les femmes dont le mari vient de mourir ne se jettent plus vivantes dans le bûcher comme cela se produisait il y a encore quelques dizaines d’années. Cette terrible coutume laisse entrevoir la condition de la femme en Inde, même si les choses tendent à évoluer, surtout dans les villes.

Avec un nombre de crémations très important, la question du bois demeure plus que cruciale, et l’Inde commence à en manquer, ce qui a pour effet, outre une tendance à la déforestation, de faire grimper les prix. Pour tenter de remédier à ce problème, le gouvernement a fait installer un crématorium électrique, probablement utilisé par les personnes les plus pauvres qui ne peuvent assumer le coût financier du bois.

En nous promenant le long des ghâts, l’animation est continue. De nombreuses vaches, bien qu’ayant un propriétaire, se balade librement. Et elles ne sont pas farouches.

Si l’animal est sacré dans toute l’Inde, il l’est encore plus ici. Varanasi disposerait en effet de la plus belle maison de retraite pour vaches de l’Inde!

Lors de la période de “la vache folle”, un des partis politiques indiens aurait proposé de recueillir nos vaches pour leur éviter l’abattoir.

La vache est un animal sacré pour les hindous, car durant les temps difficile de famine, l’animal a toujours eu du lait pour nourrir les enfants. Leurs bouses sont également utilisées comme composts ou pour alimenter les feux. Les habitants les récoltent et les font sécher au soleil sous forme de galettes.

Inutile de préciser donc que les hindous ne consomment pas de bœuf. Les bovins, considérés comme purs, sont enterrés à leur mort.

Nous nous rendons compte qu’après les rituels du matin, les bords du Gange, se transforment aussi en une véritable laverie à ciel ouvert.

Et aussi déroutant que ça l’est pour moi, tout est alors susceptible de se transformer en étendoir à linge, même le sol.

On pourra remarquer ici l’ingéniosité pour suspendre la lessive: pas de pince, mais une double corde dans laquelle on coince un petit coin des habits!

Nous ne nous lassons pas de déambuler sur les quais du Gange et d’observer tout ce fourmillement.

On rencontre plusieurs yogis (maîtres spirituels) qui dispensent leurs enseignements à leur disciples en plein air ou des sâdhus (des hommes qui ont tout dédié à la religion, ils ne possèdent rien et vivent dans la rue grâce à des dons. Ils s’enduisent parfois le corps de cendres.

La misère est bien présente dans ce haut lieu spirituel, certaines personnes semblant vivre sur les quais.

La pauvreté et la misère sont particulièrement difficile à appréhender en Inde, et mon esprit occidental doit sans doute créer des filtres pour supporter l’insupportable. En effet, au fur et à mesure de notre voyage, nous rencontrons malheureusement des halls de gares, des trottoirs, des ronds points, peuplés d’hommes, de femmes et d’enfants qui n’ont sans doute nul autre endroit où dormir. Nous croisons des gamins des rues, pieds nus, qui collectent les déchets et d’autres qui mendient quelques roupies. Il semblerait qu’il existe de véritables gangs d’enfants des rues menés par les plus âgés. Certains enfants seraient mutilés et amputés volontairement pour récolter plus d’argent, d’autres alimenteraient les réseaux de prostitution. En effet, très peu d’enfants des rues sont des filles.

Cela nous interpelle d’autant plus quand on compare cette situation à l’attention portés aux vaches par exemple, et même aux singes, considérés comme animaux sacrés.
Inde, pays des paradoxes pour nos esprits occidentaux!

Dans nos tours et détours dans les ruelles de Varanasi, outre les vaches, se baladent aussi des chèvres et des singes qui semblent autant à l’aise dans la jungle urbaine qu’en pleine nature.

Nous sommes évidemment sollicités de toute part par les rabatteurs et les vendeurs ambulants. Je me fais gentiment avoir par un homme dont j’ignore le statut religieux mais qui m’appose un point de couleur sur le front et me “bénit” sans que j’ai eu le temps de dire quoique ce soit. Evidemment une petite contribution est demandée en retour.

La mendicité et les dons est d’ailleurs une question à laquelle nous sommes confrontés en permanence. De notre côté, nous ne donnons pas aux enfants (pour moi, s’ils gagnent de l’argent, leurs chances d’aller à l’école diminue d’autant plus), ni aux personnes qui, et cela est bien subjectif, semblent en capacité de travailler.

Nous donnons quelques pièces aux personnes mutilés et très âgés. Pierre, sensible à la musique, donne aussi aux musiciens. En revanche, phénomène qui nous apparaît assez incompréhensible, parfois la somme que nous donnons est estimée insuffisante, et la personne la refuse…

Dès que le soleil se couche, la ferveur religieuse reprend sur les bords du Gange. Une importante cérémonie a lieu tous les soirs et rassemble beaucoup d’hindous et de curieux comme nous.

Pour notre dernière journée, nous nous rendons au Golden temple, que nous renonçons à visiter étant donné le nombre de personnes qui attendent à l’entrée.

Nous poursuivons dans le dédale de ruelles pour nous rendre au Nepaleese Temple.

L’endroit nous rappelle quelques souvenirs.

Le temple offre aussi une jolie vue sur les quais du Gange

Chemin faisant, nous nous apercevons que la présence policière est importante aux abords des lieux religieux et dans les zones de passages stratégiques. Nous apprendrons que malgré son apparente tranquillité, Varanasi vit dans un climat de tension religieuse assez important. Par exemple, la mosquée n’est ouverte que le vendredi pour la prière des fidèles.

Nous croisons pas mal d’échoppes plus authentiques les unes que les autres, dont ce vendeur de yaourts.

Après quatre jours passés à Varanasi, il est temps pour nous de reprendre la route, ou plutôt les rails, direction la capitale indienne.

Vous prendrez bien une tasse de Darjeeling?

Jeudi 11 avril 2013, nous quittons Nargarkot, petit village du Népal afin de nous rendre à Kakarbhitta pour traverser la frontière et enfin faire nos premiers pas en Inde.

L’Inde revêt pour nous une excitation toute particulière, mêlée d’appréhensions diverses et variées, car au delà du fait que c’est notre dernière destination, nous avons entendu tout et son contraire sur ce pays. Une chose est sûre, l’Inde ne laisse pas indifférent!

Mais avant d’en arriver là, de longues heures de transports nous attendent (quelques 18h de trajets!).

Pour la peine, nous optons pour un bus touristique (c’est à dire qui inspire confiance de l’extérieur, mais qui une fois à l’intérieur ressemble à un bus local).

Après quelques sueurs froides, nous arrivons au petit matin à Kakarbhitta, et prenons la décision d’éviter, autant que faire ce peut, l’utilisation des bus pour nos prochains déplacements!

Les douaniers népalais figurent parmi les douaniers les plus sympas qu’ils nous aient été donné de rencontrer au cours de notre voyage. En cinq minutes à peine, toute les formalités sont réglés, et avec le sourire en prime.

Il ne nous reste plus qu’à traverser le pont, avec vue sur les rizières fluorescentes, et nous serons en Inde.

L’agent de l’immigration indienne, quant à lui, met un peu plus de temps à se détendre. Mais bon, on ne lui en veut pas, il n’est pas encore 7h30. En plus l’accent anglais indien n’aide pas toujours pour la fluidité de la conversation. Après avoir remplis plusieurs formulaires, nous finissons par obtenir nos sésames, et notre douanier nous indique même comment poursuivre notre route jusqu’à Darjeeling.

Nous optons pour la solution “bus local” jusqu’à Siliguri, puis jeep “collective” pour les 3 heures de routes sinueuses. “Collective” n’est pas un vain mot, car nous sommes 12 personnes entassées dans le véhicule. Inutile de vous préciser notre soulagement à l’arrivée.

Pour l’instant, nous ne sommes pas vraiment dépaysés, Darjeeling ressemble beaucoup au Népal. De nombreux népalais y habitent et ici on parle beaucoup plus népalais qu’hindi.

Pierre nous dégote un petit hôtel très sympathique pour nous reposer quelques jours, car le trek dans les Anapurnas a quand même laissé des traces!

Dès notre arrivée nous croisons Laurent, un français qui voyage sur les chemins du thé en Inde depuis quelques mois. Il nous emmène goûter de délicieux “momos” (ces fameux petits raviolis fourrés aux légumes ou à la viande) dans une petite échoppe de rue. Nous nous laissons même tenter par un hamburger végétarien. Nous goûtons aussi notre premier “chai” (thé (très) sucré avec des épices et du lait), pas mal du tout!

Laurent, qui a possédé pendant une dizaine d’année un salon de thé dans le sud de la France, nous apprends que le thé de darjeeling est considéré comme le champagne des thés. Ce que la municipalité ne semble pas ignorer: sur cette affiche une tasse de darjeelling partage la vedette avec un verre de champagne et un verre de cognac!

Celà dit, selon notre routard, le meilleur du thé de darjeeling est directement exporté et il est difficile de le goûter sur place (sauf dans les salons de thé très chic). Nous achetons tout de même quelques échantillons que nous dégusterons une fois revenus en France.

Nous nous donnons rendez-vous le lendemain matin avec Laurent pour partir à la découverte de la ville. Mais pendant la nuit, Pierre est malade. Nous nous octroyons donc deux jours de repos absolus.

Notre seule sortie autorisée est sur la terrasse de l’hôtel, où nous avons, à postériori, de bonnes raisons de croire que nous avons croisés deux enquêtrices du routard sans le savoir (elles sont plutôt discrètes à ce sujet).

Heureusement pour nous le restaurant de l’hôtel est plutôt bon. Pierre se régale de pain tibétain accompagné de beurre de cacahuète, son petit péché mignon depuis notre volontariat en Thailande!

Après ces quelques jours de farniente, nous décidons d’aller prendre nos billets de trains pour notre prochaine étape: Varanasi. L’achat des billets de train semblent être toute une aventure. Pour cette fois, on passe par une agence de voyage, même si il y a une petite commission.

Il nous reste deux jours pour profiter de Darjeeling.

Je n’ai pas encore parler de la météo. En effet les magnifiques vues sur les plantations de thés et les cultures en terrasses sont quelques peu cachés par une brume permanente et tenace. Nous aurons même droit à un gros orage avec coup de tonnerres et averse grêle. La température est fraîche, on ne quitte pas nos polaires!

Mais il en faut plus à Pierre pour renoncer à se balader. Ses pas le guide jusqu’au jardin zoologique où il a pu admirer entre autres: tigres, panthères, léopards, et même léopards des neiges, loups blancs, et bien sur l’animal du cru : le yak, que nous n’avons pas eu la chance de croiser pendant notre trek au Népal.

Pierre fait un détour par le musée de l’alpinisme qui présentent tous les équipements qui ont été nécessaires aux différents expéditions.

Le lendemain, Pierre pousse jusqu’aux plantations de thés.

C’est dommage car c’est l’heure de la pause déjeuner, l’usine est donc au plus calme. Pour vous donner une idée de la qualité du thé, la plantation Happy valley destine sa production exclusivement aux magasins Harrods de Londres.

Il est bien agréable de se promener dans les rues de Darjeeling, enfin dans les plus calmes qui échappent aux trafics incessants des nombreuses jeeps (un des seuls moyens de locomotion utilisés dans la région).

En marchant, notre regard est attiré par des dizaines de tuyaux qui courent dans les rues. Nous prenons alors conscience d’un des gros problèmes de l’Inde: l’alimentation en eau. D’une part, l’eau est rare, surtout dans cette région semble-t-il, mais d’autre part, sa distribution est complexe: là où chez nous un gros tuyau commun assure la distribution de l’eau, ici des dizaines de tuyaux particuliers acheminent avec plus ou moins de difficultés l’eau jusque dans les habitations.

Nous croisons régulièrement des habitants qui font la queue avec des bidons pour les remplir aux robinets dans la rue, dont l’eau s’écoule souvent au goutte à goutte. Toutes les maisons ne possèdent pas l’eau courante.

La précarité des hommes de la DDE locale nous interpellent aussi. Ces hommes coupent du bois afin de faire chauffer des bidons entiers de goudrons qu’ils disposent ensuite sur les routes à l’aide de simples brouettes et pelles.


De plus, ils incrustent un à un des petits cailloux dans la route, sans doute pour que les véhiculent agrippent mieux quand le froid est là.

On trouve aussi à Darjeeling des monuments très anglais, qui une fois la nuit tombée, le brouillard présent et les réverbères allumés, donne une ambiance londonienne, les traces de l’ancienne colonie sont bien là…

Après cette petite semaine de repos, nous reprenons la route. La vue est un peu plus dégagée pour cette dernière matinée à Darjeeling.

Nous trouvons une jeep pour nous conduire à la gare de Silliguri. Nous sommes dubitatifs quant aux pneus: une bande de caoutchouc a été rajoutées par dessus le pneu. Mais il semblerait qu’il en soit ainsi pour tous les véhicules!

Nous sommes de nouveaux bien nombreux dans la jeep, mais nous relativisons une fois encore: c’est toujours mieux que de voyager sur le toit ou accrocher derrière. Et c’est parti pour 3h de descente en lacets!

En chemin nous doublons le petit train de la montagne, dont le chemin de fer est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il remplace l’ancien train à vapeur qui n’effectue plus que quelques sorties dans la semaine. Apparemment il faut quand même avoir de bonne jambes pour le prendre!
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De notre côté, nous prenons en fin d’après-midi notre premier train de nuit, une aventure en soi, que je vous raconterai au prochain épisode!

Katmandou et sa vallée

Retour à la case départ ! Nous arrivons à Katmandou en fin d’après-midi et nous trouvons un nouvel hôtel car celui de la dernière fois ne nous a pas laissé de souvenir incroyable. Nous séjournons ce soir au HI Thamel hostel. Le prix est correct mais là non plus ce n’est pas parfait: Nous n’avons pas d’eau chaude. Nous en parlons à la reception qui bidouille les vannes du système de distribution d’eau, et nous nous retrouvons avec de l’eau brulante…mais plus d’eau froide ! Ah ca, pour avoir de l’eau chaude, on en a eu !

Nous profitons de la fin de journée pour nous balader en dehors de Thamel, le quartier touristique. Les rues sont toutes aussi bondées, mais par les locaux cette fois. Certains quartiers sont entièrement dédiés à l’artisanat et les rues sont bordées d’échoppes en tout genre. Frutz en profite pour assouvir sa passion pour les chapeaux traditionnels népalais et dégote quelques très beaux modèles.

On y trouve aussi des lentilles de toutes sortes…Je n’imaginais pas qu’il existait autant de variétés ! Mais ici, c’est l’ingrédient de base (à l’image de la pomme de terre au Pérou).

Catherine, elle, achète du sel de l’Himalaya.

Nous quittons notre hôtel dès le lendemain car nous passons la journée et la nuit à Bhaktapur, un ville historique située à seulement quelques kilomètres de Katmandou. Cette ancienne capitale est classée au patrimoine historique de l’UNESCO, elle est en effet très bien conservée. Nous visitons la ville de long en large.

Et l’oscar du meilleur rôle dans la catégorie “Touriste-ébahie-devant-la-beauté-d’un-monument” est décerné à Cat et Gé pour leur interprétation sur la place centrale de Bhaktapur…

L’atmosphère est très paisible car la ville est interdite aux voitures. Les chars de défilé eux ont une dérogation!

Vincent nous lâche en milieu de journée pour aller inaugurer la boite de Smecta et se reposer: Première tourista du groupe après 10 jours au Népal, on s’en sort plutôt pas mal!

Nous parcourons encore une fois les ruelles de la ville le lendemain matin aux aurores… que d’animation! Les enfants tirent à l’aide d’une corde des pièces de bois géantes, afin de construire un second char pour le nouvel an népalais qui a lieu dans quelques jours:

Nous reprenons la route en direction de Katmandou et nous arrêtons à Pashupatinath. Le site se trouve au bord de la rivière Bagmati, la plus sacrée des rivières au Népal. La rivière Bagmati se jetant dans le Gange a le même caractère sacré que celui-ci. Quelques vendeurs de pigments bordent le chemin d’accès, c’est l’occasion d’une belle photo.

On y croise aussi des sâdus, des hommes qui ont dédié leur vie à la religion. Ils ne possèdent plus rien et vivent d’offrandes en errant sur les routes sans domicile fixe.

Les berges de la rivière Bagmati constituent un endroit sacré pour l’incinération des hindouistes. Les terrasses appelées ghâts, sont destinées à la crémation. L’ambiance y est très particulière. La tristesse est assez peu présente ce qui est assez déroutant pour nous, occidentaux. Mais pour les hindous, mourir c’est se libérer de l’état où nous sommes actuellement pour passer à un état meilleur.

Les corps sont enveloppés dans un linceul orange puis brûlés. Les cendres sont ensuite confiées (et non jetées) à la rivière sacré, après que des opportunistes soient passés récupérer bijoux, dents en or et bois non brûlé.

Comme partout au Népal, des enfant des rues vivent de la récupération et du tri des déchets. Ici, ils espèrent surement que la rivière sacrée va leur charrier quelques trésors qui feront leur fortune.

Assez vite, le spectacle morbide des crémations nous met assez mal à l’aise et nous ne nous éternisons pas: Direction Bodnath. Nous atteignons le temple bouddhiste après 45 minutes de marche dans la banlieue de Katmandou. Son stûpa du XIVème siècle qui domine l’horizon est l’un des plus grands au monde, et il faut avouer que c’est impressionnant !

Nous faisons le tour du stûpa, sous la surveillance du Bouddha qui nous observe.

Dans une petite pièce au pied du stûpa, nous découvrons des rouleaux de prières énoooormes !

Nous rentrons à Katmandou pour nous reposer un peu à l’hôtel, car ce soir c’est “grosse soirée” ! C’est en effet la dernière soirée avec Catherine, Vincent et Romain, mais c’est également les 29 ans de Géraldine.

Nous faisons nos adieux à toute la bande le lendemain matin. Malgré que leur avion ne décolle qu’en début d’après-midi, ils quittent l’hôtel aux aurores car aujourd’hui toute la capitale est paralysée par une grève générale! Finalement, leur retour au bercail se déroulera sans encombre. Merci à eux pour ces 2 semaines géniales , et merci à Cat pour certaines de ses photos que j’ai utilisées sur ce blog.

Après un mois accompagné, nous nous retrouvons “tout seul les deux”. (Tiens, ça faisait longtemps que je n”avais pas parlé le franc-comtois!) Nous restons à Katmandou quelques jours pour nous reposer car la fatigue commence à s’accumuler après 9 mois de voyage. Nous en profitons pour aller visiter Durbar square, une place très célèbre de la capitale népalaise.

Comme à Baktapur, on y trouve une multitude de beaux bâtiments religieux. Tôt le matin, la ferveur religieuse y est très importante.

Avant de quitter le Népal, nous passons quelques jours tranquilles à Nagarkot pour profiter une dernière fois des montagnes. C’est l’endroit le plus haut de la vallée de Katmandou (2 200 m d’altitude) et le seul endroit de la vallée d’où l’on peut voir la chaîne de l’Everest. Seulement la météo en a décidé autrement, et le temps nuageux nous empêche de voir quoique ce soit. Le dernier jour, je me lève avant le lever du soleil et monte au temple Mahankal.

Le panorama est sympa mais je n’arrive pas à identifier l’Everest, qui est assez difficile à voir depuis ici.

Après quasiment 3 semaines, notre passage au Népal prend fin. Avant de rentrer en France, une dernier pays nous attend. Dernier mais pas des moindres, puisqu’il s’agit de l’Inde!

Bandipur, un balcon sur l’Himalaya?

Nous reprenons un bus en direction de Katmandou, mais nous descendons à mi chemin pour visiter Bandipur. Comme nous réservons le billet à la dernière minute, nous voyageons “en cabine”. Cela signifie que nous prenons place à coté du chauffeur, là où l’on trouve de l’espace pour s’asseoir.

Question confort, ce n’est pas l’idéal, mais nous ne nous plaignons pas trop quand on voit comment certains passagers voyagent dans les bus plus “locaux”:

Et puis cela nous permet de profiter pleinement du spectacle qu’offre les routes népalaises. Les camions, notamment sont décorés d’une multitude de couleurs, d’accessoires kitsch et de slogans comme “Speed control” “Blow your horn” ou encore d’un plus prétentieux “King of the road”.

Bandipur est perchée tout en haut de la montagne (1030 m d’altitude) et nous parcourons les 10 derniers kilomètres qui mènent au village dans un bus local. Autant vous dire que le trajet est épique, mais nous arrivons entier. Nous prenons des chambres dans le premier hôtel du routard, sans nous poser de question car nous sommes crevés. Notre pauvre Frutz (Romain) se retrouve dans une petite chambre qu’on pourrait plus justement appeler un clapier à lapin !

Après une bonne sieste, nous nous baladons à pied dans le village. Les rues sont jolies et surtout piétonnes ce qui assure un calme absolu.

Nous observons les habitants dans leur quotidien.

Nous sommes interrompus par un orage qui survient brusquement en fin d’après-midi. Ce doit être monnaie courante ici puisqu’il se passera exactement la même chose les jours suivants: Gros coup de vent puis pluie, tout le monde se barricade chez soi pendant une heure, puis ça se calme et la vie reprend son cour.

Le lendemain nous continuons de découvrir le village. Certains visitent les temples, Frutz et moi nous décidons de nous rendre à Ramkot, un village rural que l’on peut uniquement atteindre à pied.

Il nous faut bien deux heures de marche pour y parvenir et ce n’est pas de tout repos étant donné qu’il est midi, l’heure où le soleil tape le plus ! Arrivé là-bas, nous pensons trouver un restaurant pour reprendre des forces…mais non. Le village est très pauvre, il y a quand même l’électricité mais pas l’eau courante.

C’est vraiment authentique, les maisons sont construites en pierre, en bois ou en adobe.

Nous essayons de faire connaissance avec des enfants, curieux de voir deux grands européens débarquer chez eux mais c’est difficile car ils ne parlent pas anglais et nous ne maîtrisons pas non plus le népalais.

Nous nous reposons tout en haut du village, à l’ombre d’un vieil arbre. Un fermier surveille ses vaches de loin, en communiquant avec elles par de puissants cris.

Nous ne perdons pas de temps sur le chemin du retour car la faim et la soif commencent à nous travailler. Après une petite sieste puis l’orage quotidien, nous apprécions un beau coucher de soleil en sirotant une Gorka, une bière népalaise baptisée ainsi en hommage aux soldats Gorka.

Réveil à l’aube le lendemain matin car nous voulons profiter du panorama sur la chaîne des Annapurnas et le Langtang, qui fait la réputation de Bandipur. Nous avons plusieurs fois tenté notre chance pendant la journée, mais la visibilité n’est pas assez bonne à cause de la brume de chaleur. Aujourd’hui, nous sommes sur le pied de guerre avant même que le soleil ne se lève afin de ne rien manquer au spectacle.

Mais la brume est encore présente et le spectacle n’est pas si merveilleux que durant notre trek.

Après deux jours très ressourçant, nous quittons Bandipur pour retrouver la vallée de Katmandou, son bruit, son agitation, sa pollution, mais aussi ses magnifiques temples!

Trek dans les Annapurnas

Ça y est, la fête est finie! Après avoir confiés nos habits tout colorés de la veille à la laverie (sans trop d’espoir quand même) nous quittons Pokhara, direction la haute montagne. N’étant pas tous de grands sportifs nous avons opté pour un trek plutôt facile et qui n’atteint pas des altitudes trop élevées pour éviter le mal d’altitude. (Romain a encore des mauvais souvenirs d’un trek en Ethiopie à plus de 4000m…)

Le trek “Annapurna Panorama” semble répondre à ces critères : 6 jours de marche à raison de 5h à 6h de marche par jour et une altitude maximal de 3200m. C’est une boucle qui nous conduit sur les contreforts des plus hauts sommets de la chaîne des Annapurnas, tout en traversant des forêts entières de rhododendrons, tous fleuris en cette saison.

Jour 1: Pokhara (900m) – Naya Pul (2070m) – Ulleri (1960m)

Le propriétaire de l’hôtel, très sympa, nous a aidé à préparer le trek, en nous proposant les services de 2 porteurs : Lhaksam, qui parle très bien anglais et connait la montagne comme sa poche, et ?????, un nom que nous n’avons jamais réussi à prononcer correctement durant les 6 jours qu’a duré le trek. Le patron de l’hôtel nous trouve aussi un taxi pour nous rendre de Pokhara à Naya Pul, le départ de la marche. Par contre il a vu un peu petit et nous nous demandons comment nous allons tous pouvoir rentrer quand on voit la voiture arrivée. Nous sommes six, plus les deux porteurs, plus le chauffeur du taxi, plus bien sûr les sacs. Ces derniers trouvent leur place sur le toit, bien ficelés pour résister aux “aléas” des routes népalaises. Les deux porteurs quand à eux s’assoient côte à côte sur la place avant, excepté quand on passe des barrages de police, au quel cas ils se mettent l’un devant l’autre pour que le policier ne voit qu’une tête en regardant la voiture de face…le plus fou c’est que ça marche !

Nous arrivons à Naya Pul après une bonne heure de route. Catherine, Géraldine et Vincent s’achètent des bâtons en bois pour soulager un peu leurs genoux pendant la marche…ce ne sont pas des bâtons de haute technologie mais à 50 roupies, ça ne vaut pas le coup de s’en priver!

Après avoir traversé Naya Pul et montrés nos permis de trek (obligatoires), nous commençons à grimper. Les paysages sont arides et le soleil tape dur mais nous marchons tranquillement pour économiser nos forces.

Nous faisons également pas mal de pauses à l’ombre car les porteurs eux aussi ont besoin de se reposer.

A l’heure du repas, nous nous arrêtons dans notre premier “tea house” les restaurants qu’on trouve tout le long du chemin. On y trouve du Dal Bat (lentilles et riz), des Chowmein (nouilles), des plats à base de pomme de terre et de fromage de yak et bien sûr des momos (raviolis cuits à la vapeur, notre péché mignon au Népal), tout ce qui faut pour reprendre des force avant d’affronter la montagne!

Nous arrivons à un premier village en milieu d’après midi. Nous hésitons à nous arrêter là pour la nuit, mais décidons finalement d’affronter tout de suite l’escalier de pierre de 3300 marches qui nous mène à Ulleri, le second village. Ça sera ça de moins à faire demain matin !

Les porteurs galèrent pas mal, on se demande si on ne les aurait pas un peu trop chargés. S’en suit un débat sur la culpabilité de faire porter ses affaires par quelqu’un d’autre…Les porteurs, eux nous assurent que tout va bien, qu’il ont déjà porter des charges beaucoup plus lourdes! Le lendemain, Romain décidera de porter toutes ses affaires lui même et on récupérera quelques affaires dans nos petits sacs pour alléger un peu les bagages que nous confions aux porteurs.

Nous venons à bout, non sans mal, de l’interminable escalier et passons une première nuit dans un lodge simple mais propre. La température descend vite la nuit à 2000 m d’altitude et nous sommes contents d’avoir emmenés nos sacs de couchage.

Jour 2: Ulleri (1960m) – Banthanti (2210m) – Ghorepani (2860m)

Départ pas trop tardif car une longue journée nous attends. Après avoir déjeuné de pancakes, de toasts et d’omelettes, nous somme prêts pour continuer l’ascension. Les premiers rhododendrons font leur apparition.

Bien que ça soit la saison sèche nous passons à coté de quelques belles cascades.

L’eau semble vraiment très propre. Nous remplissons d’ailleurs nos bouteilles aux robinets dans les villages, mais préférons y ajouter une pastille de micropur, dans le doute…

Nous déjeunons au soleil, sous les yeux d’un petit bébé népalais qui n’est pas laid! Il a été “posé” au milieu du restaurant, pendant que ses parents sont au fourneau sans doute.

Nous arrivons à Ghorepani, un des villages les plus élevés du trek. En fin de journée, le temps est nuageux, mais une petite éclaircie nous offre un bref aperçu du paysage qui nous entoure.

Le village est très joli avec toutes ses maisons bleues.

Certains s’offrent même le luxe de faire un volley à près de 3000 m d’altitude.

Nous préférons rentrer au chaud, au près du poêle à bois qui réchauffe la salle à manger du lodge 😉

Jour 3: Ghorephani (2860m) – PoonHill (3210m) – Deurali (2983m) – Tadapani (2680m)

Aujourd’hui est un grand jour, départ à 5h du mat, avant le lever du soleil. Nous montons à Poon Hill, point le plus haut du trek d’où l’on peut observer toute la chaîne des Annapurnas. Nous nous équipons de frontales mais la pleine lune est presque suffisante pour éclairer le chemin.

Aucun risque de se perdre de toute manière car la montée se fait à la queue-leu-leu avec les 300 autres personnes qui montent sur la colline chaque matin. Il faut dire que le spectacle vaut le coup d’œil.

Nous profitons d’une très belle vue de l’Annapurna I (8091m) et de l’Annapurna South (7219m), mais surtout du Dhaulagiri I, septième plus haut sommet du monde avec 8167m d’altitude.

Nous redescendons à l’hôtel pour prendre un petit dèj bien mérité. La suite de la journée sera tout aussi époustouflante en terme de paysages. Nous traversons des forêts de rhododendrons qui forment un tapis rose recouvrant la montagne et les sommets enneigés sont toujours là en arrière plan.

Bravo à Catherine qui a mit sont t-shirt adapté au camouflage dans les rhododendrons:

Nous longeons une longue crête pendant près d’une heure puis redescendons pour s’enfoncer dans la forêt. Nous empruntons ensuite des chemins escarpés taillés dans les parois d’une gorge avant de nous arrêter pour la pause du midi. Le village dans lequel nous voulons nous arrêter pour la nuit (Tadapani) est encore loin et nous marchons depuis 5h du mat’. Lhaksam nous explique qu’il n’y a pas toujours de chambre de libre à Tadapani car il s’agit d’un carrefour situé sur la route de plusieurs treks. Sur la fin du parcours, je pars en éclaireur avec Vincent pour essayer d’arriver assez tôt. Nous trouvons finalement une chambre sans souci car nous sommes en milieu d’après midi. En même temps ce n’est pas les lodges qui manquent: ils sont regroupés en petit hameaux tout au long des chemins de trek, on en trouve toute les heures de marche environ. En puis les chambres sont vraiment données (environ 1€ la chambre double!). Par contre ils se rattrapent sur la nourriture qui est 2 à 3 fois plus chère que dans la vallée.

Nous rencontrons les deux belges dont nous avons fait la connaissance à Pokhara, qui font le même trek que nous. Nous nous croisons régulièrement et elles nous font bien rigoler avec leur accent!

A la fin de la journée, étirements obligatoires pour ne pas trop souffrir le lendemain matin 😉

Ici encore la vue est magnifique, surtout au petit matin, quand le temps est bien dégagé.

Jour 4: Tadapani (2680m) – chuile (2245m) – Gurajung (2050m) – Jhinudanda (2170m)

Nous continuons notre route. Aujourd’hui, plus de forêt de rhododendrons mais nous traversons de jolies cultures en terrasse.

On y plante beaucoup de blé ainsi que du riz (selon l’altitude et l’eau disponible). Etant donné la taille et la forme des parcelles cultivées, tout le travail se fait à la main, notamment la moisson:

Nous finissons notre étape en arrivant à Jhinudanda en début d’aprèm, cela nous laisse le temps de profiter des sources chaudes en contrebas. Seul Frutz (Romain), Bobby et moi trouvons l’énergie nécessaire pour marcher encore une demi heure jusqu’aux sources, mais nos efforts ne sont pas vains: Nous nous baignons pendant une bonne heure dans une eau à 35°C, rien de tel pour se remettre d’aplomb après 4 jours de marche.

Le lieu sert également de salle de bain pour les habitants du village, car peu de maisons sont équipées d’eau courante, et encore moins d’eau chaude!

Jour 5: Jhinudanda (2170m) – Landruk (1565m) – Tolka (1700m)

Aujourd’hui, la journée de marche va être courte. Pourtant tout avait bien commencé….Nous quittons Jhinudanda et ses sources chaudes sous un soleil radieux. Nous croisons en chemin des moutons qui prennent de l’altitude, pour échapper aux grosses chaleurs de la vallée en été.

Nous traversons bon nombre de ponts suspendus, tous plus vertigineux les uns que les autres:

Malgré que je ne sois pas ingénieur en génie civil, je ne pense pas que ça soit la méthode optimale pour raccorder deux câbles en tension…

Mais bon, pas le choix, on traverse…et ça tient!

C’est l’après-midi que les choses commencent à se gâter: nous nous arrêtons à midi pour manger à Tolka, mais la pluie se met à tomber. D’abord une petite pluie légère, nous décidons d’attendre un peu que ça passe. Finalement, la pluie redouble d’intensité. C’est sûr, nous n’irons pas plus loin aujourd’hui. Nous passons l’après midi autour du poêle à bois, à jouer au tarot!

Nous profitons d’une petite éclaircie pour nous balader dans le village. Nous rencontrons des petits chevreaux qui s’amusent à nous téter les doigts.

Jour 6: Tolka (1700m) – Deurali (2100m) – Potana (1890m) – Dhampus (1650m)

Dernier jour de marche. La pluie de la veille s’est transformée en neige sur les sommets et au réveil, le temps dégagé nous offre un spectacle merveilleux.

Le début de journée est agréable car avec peu de dénivelé. Nous observons une dernière fois le Machapuchare, considéré comme le plus beau sommet du Népal. Le nom signifie queue de poisson en Népalais, à cause de la forme du sommet (voir photo ci-dessous). C’est un sommet sacré qui est par conséquent interdit aux Alpinistes (selon les hindouistes, c’est la demeure de Shiva, ce n’est donc pas de bon augure d’aller le déranger)

Avant d’entamer la descente infernale, nous faisons une pause dans un magnifique petit village (pour ne pas changer).

Les quelques heures de descente qui suivent sont éprouvantes pour les genoux mais c’est le dernière effort à fournir. Un mini bus nous attend au prochain village.

Nous manquons tous de nous endormir pendant l’heure de trajet qui nous ramène à Pokhara. Nous sommes heureux de rentrer nous reposer, mais tristes de retrouver la civilisation…Nous étions si bien dans les montagnes, coupés du monde pendant presque une semaine.

Nous quittons Pokhara le lendemain, en faisant nos adieu à Bobby, notre compagnon de route bisontin. Après quelques jours de repos, il souhaite repartir avec Lhaksam pour un autre trek plus ardu.

Sur les chemins de Katmandou

Nous quittons le Vietnam le vendredi 22 mars 2012, après avoir récupéré nos passeports et nos visas pour l’Inde. C’est aussi le moment de dire au-revoir aux parents de Pierre qui ont passé deux semaines avec nous.

Après avoir volé d’Hanoï jusqu’à Bangkok, nous passons la nuit dans l’aéroport, pas si mal installés finalement, avec wifi, prises électriques et canaps à disposition.

Embarquement en début de matinée pour atterrir à Delhi avec 50 minutes de retard. C’est là que les choses se compliquent car notre avion suivant est supposé décoller dans les dix prochaines minutes…

Heureusement pour nous, c’est la même compagnie aérienne qui assure le vol Delhi-Katmandou. Un agent nous attend à la sortie et nous ouvrent les passages secrets de l’aéroport. Façon film d’action, on court dans les couloirs et sur les tapis roulants pendant 20 longues minutes, la nouvelle porte d’embarquement étant évidemment à l’opposé. Le personnel de l’aéroport nous autorise à doubler tout le monde au contrôle de sécurité.

Nous arrivons dans l’avion essoufflés mais sous les applaudissements de Catherine, Vincent et Romain, des amis venus nous retrouver pour partager deux semaines d’aventures népalaises avec nous. Les autres passagers, eux, ont plutôt le regard noir car ça fait une demi heure qu’ils nous attendent dans l’avion prêt à décoller! La suite du vol se passe sans souci.

Après deux heures d’attente à l’aéroport de Katmandou, nous obtenons enfin notre visa. Les choses se compliquent pour récupérer nos bagages, qui n’ont pas eu le temps d’être transférés à Delhi. Leurs arrivées sont prévues par le vol suivant, dans la soirée, mais nous préférons profiter tranquillement de notre fin d’après-midi après deux jours de transit.

Nous trouvons un taxi et rejoignons notre hôtel. L’ambiance, pour notre plus grand plaisir, est bien différente de celle du Vietnam, même si la circulation anarchique et à grand renfort de klaxons demeure ici aussi la norme. Pourtant, on croise régulièrement ce panneau:

La gestion du réseau électrique doit donner quelques sueurs froides à Romain, spécialiste du domaine. C’est en tout cas une grosse difficulté de ce petit pays. La distribution de courant n’est pas continue, il n’y a que quelques heures d’électricité durant la journée.

Nous rencontrons deux français à notre hôtel, Alex et Vanessa, qui sont à Katmandou depuis quelques jours et qui nous conduisent dans un de leur resto favori. Nous goûtons à une des spécialités du coin (même si d’après notre guide ce serait plutôt tibétain): les “Momos”. Ce sont des petits raviolis vapeurs, fourrés au poulet, au fromage, aux légumes, etc. On déguste aussi un “thali”, appelé aussi “Dalbat”, c’est une sorte de plateau repas complet servi à volonté, composé d’une soupe de lentille (le “dal”, d’où le nom dalbat), d’un mélange de légumes souvent épicés et d’un yaourt. On se régale!

Le Dalbat est le plat par excellence que mange les népalais, matin, midi et soir. Il est parfois accompagné de chapati, une galette de blé sans levain.

Nous finissons la soirée dans un bar de Thamel, le quartier animé et touristique de Katmandou.

Le lendemain, tandis que Pierre et moi allons (enfin) récupérer nos bagages à l’aéroport, Catherine et Vincent réservent des billets de bus pour notre prochaine destination: Pokhara.

L’après-midi, nous nous rendons à la Stupa de Swayambunath, appelée aussi Temple des Singes, mais il parait que les locaux n’aiment pas trop cette appellation. Nous traversons la ville à pieds, en passant devant les maisons typiques et les petites échoppes.

Le contraste entre modernité et autres époques se croise presque à chaque coins de rue.

Une bonne série de marches nous attend devant le temple avant d’atteindre les lieux (pour preuve, voir sur la photo au fond à droite 🙂 )

On s’accorde une petite pause au milieu de la montée infernale.

L’ascension en vaut néanmoins la peine, nous avons une vue imprenable sur Katmandou.

Le temple en lui même est un lieu de vie très animé où se côtoient singes, touristes, fidèles, vendeurs ambulants. Partout les drapeaux de prières bouddhistes flottent au vent.

Quelques fidèles allument des bougies ou de l’encens, prononcent quelques paroles et font tourner les moulins à prières.

La stupa est plutôt imposante, on peut y voir le regard de bouddha peint sur sa surface.

Un peu plus loin, nous tentons notre chance auprès d’une statue au pied de laquelle se trouve une sorte de jarre. Si notre pièce tombe dans le mille, c’est la chance assurée! Sinon, ce n’est qu’une roupie de perdue (0,0089€) …

Nous négocions les services d’un taxi pour nous rendre au Jardin des rêves, petit havre de paix dans la ferveur de Katmandou.

La journée s’achève autour d’une Nepal Ice, la bière locale. Mais pas de folies ce soir, car demain, c’est départ 6h pour Pokhara.

De bonne heure et de bonne humeur, nous rejoignons le lieu de départ des bus. C’est parti pour 7 heures de trajet chaotique. La route est sinueuse et défoncée, on est un peu ballotté de tous les côtés, mais les paysages sont magnifiques.

On croise aussi des scènes dignes d’une autre époque, comme cette fabrique de briques.

Dès notre arrivée à Pokhara, nous nous mettons en quête d’un hôtel. Nous séjournerons finalement au Royal Guest House, un hôtel nickel et pas cher. Nous pouvons déjà admirer les sommets enneigés depuis la terrasse.

Avec le gérant de la guesthouse, nous organisons nos 6 jours de trek dans les Annapurnas. Vincent et Catherine ont déjà repéré un parcours pas trop difficile, histoire de profiter pleinement de l’environnement exceptionnel du massif montagneux. Alex (dit Bobby) se joint à nous pour l’aventure.

Mais, des choses plus importantes encore se trament. Demain c’est “Holi”, la fête des couleurs en Inde et au Népal, pour fêter l’arrivée du printemps. Et pour avoir vu des photos sur internet, nous nous mettons en quête de vêtements “jetable” spécialement pour l’occasion. Des t-shirts et pantalons à environ un euro pièce feront l’affaire.

Et nous avons bien fait car en fin de la matinée, ça donne à peu près ça:

A l’aide de sachets de pigments de couleurs, les gens, touristes ou locaux, badigeonnent allègrement de peinture toutes les personnes qui les entourent en proclamant des “happy holi” à tout va.

C’est une fête très populaire et bonne enfant, en tout cas à Pokhara. Il semblerait que ce soit plus “tendu” dans les grandes villes, car c’est le seul jour de l’année où l’ordre social est bouleversé, et les plus frustrés peuvent peinturlurer leurs supérieurs…

La musique est évidemment de rigueur.

Tout le monde se mélange dans un joyeux bazar.

Il faut aussi lever la tête pour savoir déjouer les seaux d’eau colorée lancés depuis les balcons.

A la fin de la journée on ne sait plus qui est qui !

Malgré une douche “tonique”, la plupart d’entre nous gardent quelques traces en souvenir de cette journée mémorable.

Il est temps maintenant de préparer nos sacs de treks car demain nous partons à la conquête de l’Annapurna.
A nous les sommets enneigés!! (et sans doute aussi les courbatures…)